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EUGÈNE DELACROIX, ''Raphaël'', Revue de Paris, 1830, t. XI, p. 128

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EUGÈNE DELACROIX, EUGÈNE DELACROIX,
EUGÈNE DELACROIX,
EUGÈNE DELACROIX, EUGÈNE DELACROIX, "Raphaël", Revue de Paris, 1830, t. XI, p. 128 EUGÈNE DELACROIX,
 
  Peu d'artistes ont autant écrit sur leur art que Delacroix. Il ya bien sûr son Journal qui révèle l'énergie qu'il mit jusqu'à la fin, à approfondir sa connaissance des grands maîtres, mais il a également publié dans les grandes revues parisiennes une série de textes sur Raphaël, Michel-Ange, Poussin, Puget et certains de ses contemporains, Gros, Charlet. Dans ce texte sur Raphaël qu'il fait précéder d'une introduction nostalgique d'une époque où l'art n'était pas réservé aux salons des amateurs fortunés, mais était goûté, admiré et critiqué par le peuple, Delacroix tente avant tout de faire valoir qu'un des traits du génie de Raphaël fut de savoir plus que tout autre, admirer et assimiler en les dépassant, la manière des grands artistes de son époque. Nul sinon Michel-Ange n'eut plus d'influence sur Raphaël que Masaccio qui a opéré, selon Delacroix, la révolution la plus importante que la peinture ait connue.
 
 

Le nom de Raphaël rappelle à l'esprit tout ce qu'il y a de plus élevé dans la peinture, et cette impression, qui commence par être un préjugé, est confirmée par l'examen chez tous ceux qui ont le sentiment des arts. La sublimité de son talent, jointe aux circonstances particulières dans lesquelles il a vécu, et à cette réunion presque unique des avantages que donnent la nature et la fortune, l'ont mis sur un trône où personne ne l'a remplacé, et que l'admiration des siècles n'a fait qu'élever davantage. C'est une espèce de culte que le respect de la postérité pour ce grand homme, et il est peut-être le seul, parmi les artistes de toutes les époques, je n'en excepte pas les poètes, qui soit comme le représentant ou le dieu lui-même de son art. Son caractère plein de douceur et d'élévation, ses inclinations nobles, qui le firent rechercher par tout ce que son époque avait d'hommes éminents, jusqu'à la beauté de sa figure et à sa passion pour les femmes, ajoutent dans l'imagination à l'attrait de ses ouvrages; ensuite sa mort prématurée, sujet de regrets éternels et qui fut un malheur public au milieu de l'époque brillante où fleurirent tous les beaux génies de l'Italie.

Raphaël n'a pas plus qu'un autre atteint la perfection; il n'a pas même, comme c'est l'opinion commune, réuni à lui seul le plus grand nombre de perfections possibles; mais lui seul a porté à un aussi haut degré les qualités les plus entraînantes et qui exercent le plus d'empire sur les hommes: un charme irrésistible dans son style, une grâce vraiment divine, qui respire partout dans ses ouvrages, qui voile les défauts et fait excuser toutes ses hardiesses.

Le bonheur le plus rare lui fournit, dès son entrée dans la carrière, l'occasion de développer son talent, et il lui arriva' ce qui n'était possible qu'à cette époque si favorable aux arts.

Jules II avait fait décorer une partie du Vatican par tout ce qu'il y avait alors d'artistes habiles. Bramante, son architecte, lui présente un jeune homme, son neveu, et lui demande de l'employer. Après un essai magnifique qui ravit d'admiration le pape, Raphaël est chargé de la totalité des embellissements du palais. La grande âme de Jules II avait compris le génie naissant du peintre. Aussitôt sont effacées les fresques commencées ou terminées; Raphaël, qu'on chargeait, d'une si grande entreprise, n'était guère connu que par quelques peintures, dans lesquelles nous trouvons bien à présent l'aurore de ses grandes qualités, mais qui, dans les essais d'un homme encore si jeune, ne pouvaient guère passer que pour une continuation de la manière de son maître.

Raphaël, tout jeune et connu à peine, n'avait pas été effrayé de se mettre du premier coup en parallèle avec les docteurs de son art, avec ceux qui avaient pour eux la vogue et l'expérience. Il ne fut pas étourdi du succès qui suivit sa tentative et de son triomphe sur ses rivaux. Dans ce qui suit, c'est toujours là même facilité, mais toujours aussi la même application. Doué de l'invention la plus heureuse, il s'aidait de tous les secours étrangers, retrempait pour ainsi dire son génie aux sources voisines de grandeur et de beauté, et se renouvelait ainsi lui-même par l'étude de l'antique et des grands artistes de l'Italie qui l'avaient précédé. Beaucoup de critiques seront peut-être tentés de lui reprocher ce qui me semble à moi la marque la plus sûre du plus incomparable talent, je veux parler de l'adresse avec laquelle il sut imiter, et du parti prodigieux qu'il tira, non pas seulement des anciens ouvrages, mais de ceux de ses émules et de ses contemporains.

Il y a plusieurs manières d'imiter: chez les uns c'est une nécessité de leur nature indigente qui les précipite à la suite des beaux ouvrages. Ils croient y rallumer leur flamme sans chaleur, et appellent cela y puiser de l'inspiration. Il leur semble aussi qu'un chef-d'œuvre est comme un grand homme, dont on dit communément qu'il appartient au monde entier; ils se font l'illusion de croire qu'en déchiquetant misérablement un ouvrage pour se l'approprier, ils ne font que rentrer dans un bien qui est à eux, qui ne leur a été ravi que parce qu'ils sont venus un peu trop tard. Même ils en veulent presque ceux qui leur ont de la sorte et à l'avance volé leurs idées.

Chez les autres, l'imitation est comme une condition indispensable du succès. C'est celle qui s'exerce dans les écoles, sous les yeux et sous la direction d'un même maître. Réussir, c'est approcher le plus possible de ce type unique. Imiter la nature est bien le prétexte, mais la palme appartient seulement à celui qui l'a vue des mêmes yeux et l'a rendue de la même manière que le maître. Ce n'est pas là l'imitation chez Raphaël. On peut dire que son originalité ne paraît jamais plus vive que dans les idées qu'il emprunte. Tout ce qu'il trouve, il le relève et le fait vivre d'une vie nouvelle. C'est bien lui qui semble alors reprendre ce qui lui appartient et féconder des germes qui n'attendaient que sa main pour donner leurs

Masaccio agrandit le caractère du dessin: il débarrassa ses figures de ces plis mesquins et serrés autour du corps comme des langes, qui semblaient les emprisonner plutôt que les couvrir. Il connaît les raccourcis, et ses figures ont vraiment de la vie et du mouvement. Dès lors, le retour vers la sécheresse des premiers âges fut impossible. Qui peut dire ce qu'il eût rencontré de perfections nouvelles dans un âge plus mûr; et qui affirmerait qu'il n'eût pas, effacé Raphaël lui-même? La douceur de ses mœurs et une vie presque ignorée ne purent trouver grâce aux yeux de l'envie... Le poison trancha ses jours, et il expira au milieu de ses chefs-d'œuvre, à un âge où d'autres s'essayent encore.

Il serait peut-être bien hardi de marquer sa place à côté de Raphaël, ce qu'on est tenté de faire. Si l'on remarque, combien ce dernier a profité de ses inventions; mais on peut bien dire au moins due le hasard seul a disposé des rangs. Raphaël est arrivé à ce point précis où l'art devait ouvrir tous ses trésors, à une imagination comme la sienne. Cela est si vrai, qu'à cette époque, non seulement les plus brillants génies se développèrent, mais l'impulsion fut générale vers le beau. On y découvre le talent dans la foule des simples ouvriers dont la main décorait les églises et les palais. La perfection paraît à la fois dans tous les genres, Venise a le Giorgione, le Titien et leurs élèves, qui inventent la couleur; Michel-Ange, Léonard de Vinci, le Corrège, tous génies divers paraissent, à la fois, et la virilité de leur talent semble ne pas avoir eu d'enfance. La France même se réchauffe aux rayons de cette lumière universelle, l'Italie ne peut rien mettre au-dessus des prodiges que la sculpture et l'architecture enfantent sur notre sol, dans cette brillante époque si justement appelée Renaissance. C'est bien alors que, le goût sévère des anciens fit alliance avec la hardiesse et l'imagination des gothiques. L'antique ne fut pas, comme chez nous une ridicule mascarade. On ne s'affubla pas de Grec et de Romain avec la fureur puritaine des réformateurs de la peinture moderne. La simplicité des proportions grecques s'introduisait, dans les édifices, dans les meubles et le décorations de toute espèce: elles n'avaient que plus de piquant en s'animant de tous les détails pleins de caprice de l'architecture sarrazine.





 
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