Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, 1er Marquis de Púbol, connu sous le nom de Salvador Dalí, (11 mai 1904 - 23 janvier 1989) était un artiste-peintre surréaliste, sculpteur et un scénariste (cinéma) espagnol. Il est né et mort à Figuières, en Catalogne, où il créa d'ailleurs son propre musée en 1974, le Teatre-Museu Gala Salvador Dalí. La Catalogne aura toujours une place privilégiée dans son œuvre comme dans sa vie. Dalí est né le 11 mai 1904 (en Catalogne). Son père Salvador Dalí i Cusí était un homme autoritaire et aurait été responsable de la mort du frère ainé de Dalí appelé Salvador, né le 2 mai 1901 et décédé deux années plus tard.
À sept ans, il peint son premier tableau et veut être Napoléon Bonaparte. En 1922, après un bac obtenu facilement, Dalí entre à l'École des Beaux-Arts de San Fernando, à Madrid. Il se lie d'amitié avec Federico García Lorca et Luis Buñuel mais l'enseignement le déçoit et il se fait expulser pour avoir incité les étudiants à manifester contre l'incompétence d'un nouveau professeur.
Salvador Dalí et Man Ray à Paris en 1934, photo par Carl Van Vechten, photographe américainEn 1924, encore inconnu, il illustre son premier livre : le poème en catalan « Les bruixes de Llers » (« Les sorcières de Llers »), du poète Carles Fages de Climent, ancien camarade de Dalí au lycée de Figueres.
En 1926, il fait un premier voyage à Paris et y rencontre Pablo Picasso. Trois ans plus tard, il retourne dans la capitale française, en compagnie de Buñuel, pour le tournage d’Un chien andalou, au scénario duquel il participe. C'est la rencontre décisive avec les surréalistes : Tristan Tzara, Louis Aragon, André Breton, Paul Éluard… et sa femme, Gala. L'apparition de celle-ci est une révélation : il l'a rêvée et peinte avant de la connaître; ils ne se quitteront plus.
L'année 1929 est décisive dans la vie de Dalí puisque c'est celle qui le verra intégrer officiellement le mouvement surréaliste.
En 1930, il veut se suicider à cause d'un chagrin d'amour mais il en est empêché à temps par des amis qui avaient eu vent de son projet. Depuis ce jour, il fut considéré comme un fou déséquilibré.
En 1932, Dalí participe à la première exposition surréaliste aux États-Unis et obtient un succès triomphal. Il accumule les idées et Gala essaie de vendre ses inventions souvent jugées trop folles. C'est le début de la méthode paranoïaque-critique qui veut crétiniser le monde, comme Alfred Jarry voulait le décerveler. Aux récits de rêves et à l'écriture automatique des surréalistes, Dalí ajoute l'objet irrationnel au fonctionnement symbolique. Cependant, à l'issue d'une réunion mémorable, il se fait exclure du mouvement par André Breton qui lui reproche ses actes contre-révolutionnaires (manifestation pro-fasciste et admiration pour Hitler). De 1939 à 1948, il s'exile à New York et ses toiles témoignent de ses découvertes du nouveau continent (Poésie d'Amérique, par exemple). Pour pénétrer dans la réalité, j'ai l'intuition géniale que je dispose d'une arme extraordinaire : le mysticisme, c'est-à-dire l'intuition profonde de ce qui est, la communication immédiate avec le tout, la vision absolue par la grâce de la vérité, par la grâce divine.
Cette profession de mysticisme, Dalí va l'appliquer jusqu’à la fin de sa vie aux œuvres qu'il lui reste à créer. Le gigantisme atteint ses dernières toiles, grouillantes de personnages dionysiaques, où il réunit toutes les tendances en -isme : pointillisme, surréalisme, tachisme… Dalí s'intéressa aussi à bien d'autres arts, et fut en particulier fasciné par le cinéma, la photographie, la mode ou la publicité. En outre, il était passionné par les sciences, notamment par la théorie de la relativité d'Albert Einstein qu'il a représenté à sa façon dans les célèbres « montres molles » de son tableau Persistance de la mémoire.
Selon le couple Lacroix, en 1980, Salvador Dalí aurait semble-t-il été victime d'une dépression nerveuse et ses proches vont commencer à régenter les visites que le maître reçoit.
En 1982 Dalí est fait marquis de Pubol où il vit dans le château qu'il a offert à sa femme. En mai 1983, il peint son dernier tableau, La queue d'aronde. En 1984, il est très gravement brûlé lors de l'incendie de sa chambre, au château de Pubol. Il meurt le 23 janvier 1989 d'une défaillance cardiaque. Conformément à sa volonté, il se fera embaumer puis exposer dans son « Teatre-Museu », où il repose désormais. Une simple pierre indique le lieu de sa sépulture. Par testament, il lègue une grande partie de ses biens et de son œuvre au gouvernement espagnol.
Son œuvre Dalí et le monde du cinéma
Gala à la fenêtre, sculpture à MarbellaL'enfance de Dalí s'est déroulée lors de l'âge d'or du cinéma muet. Il rencontre Luis Buñuel à la résidence des étudiants à Madrid — il en fait le sujet d'un de ses premiers tableaux. Cette amitié débouche sur une collaboration qui ouvre la voie au surréalisme. En complicité avec lui, il participe à l'écriture de deux films emblématiques du cinéma surréaliste : Un chien andalou en 1929, un court-métrage de seize minutes dans lequel se succèdent, après une brutale image d'introduction (destinée sans doute à mieux marquer la scission entre monde réel et monde surréaliste), diverses scènes oniriques dotées seulement de la logique du rêve, et L'Âge d'or en 1930, un film d'une heure, jugé à l'époque insolent, le film fut interdit jusqu'en 1981.
Le Septième Art et Hollywood l'ont aussi inspiré : Dans le tableau Shirley Temple, le monstre le plus jeune, le plus sacré du cinéma de son temps (1939), en sirène dévorant ses victimes. Les éléments du visage de Mae West, utilisés pour la décoration d'un appartement cosy où l'on remarque le Mae West Lips Sofa, sofa rouge inspiré des lèvres de l'artiste.
Il peint aussi Jack Warner. Dalí a ainsi participé à la réalisation de plusieurs films : En 1941, il écrit une première scène de rêve pour le film « Moontide » de Fritz Lang. La scène ne sera pas tournée à cause des évènements suite à l'attaque japonaise contre Pearl Harbor, Archie Mayo réalisa le film mais sans la scène imaginée par Dalí.
En 1941 encore, il commença à réaliser pour Walt Disney, en collaboration avec John Hench, un dessin animé de six minutes, appelé Destino. Cinq ans après, 15 secondes seulement avaient été réalisées. En fait, le travail fut à l'époque arrêté au bout de quelques mois par les studios sous prétexte que l'imagination de Dalí était trop audacieuse. Cependant Dalí et Disney s'appréciaient beaucoup et Dalí avait surnommé Disney, le « grand Américain surréaliste ». Le projet fut finalement repris et terminé qu'en 2002 et ce dessin animé de sept minutes est un monument de pure fantaisie. En fait tous les ingrédients de ce film sont présents dans son tableau Melancholy, Atomic Uranic Idyll daté de 1945.
Il a aussi écrit un scénario pour les Marx Brothers, intitulé « Giraffes on Horseback Salad ». Le film ne sera jamais réalisé, mais il en reste les esquisses. en 1945, pour le film d'Alfred Hitchcock, La Maison du docteur Edwardes, il réalisa le décor de la scène du rêve (spellbound). Dans cette scène, Gregory Peck, psychanalysé par Ingrid Bergman voit un rideau d'yeux grands ouverts — idée reprise du film Un chien andalou — et des ciseaux énormes qui découpent paupière et rétine. On y voit aussi une cagoule de pénitent, une pente neigeuse, une roue molle, des cartes à jouer blanches et des ailes géantes poursuivant de petits personnages. Deux autres séquences ne furent pas retenues : la première, quinze énormes pianos à queue accrochés au plafond de la salle de bal se balançant au-dessus de silhouettes en carton placées en ordre décroissant, la deuxième, l'actrice Ingrid Bergman se transformant en statue. Dalí déclara : « Hitchcock est l'un des rares personnages que j'ai rencontrés récemment à posséder un certain mystère. » Dalí a produit lui-même quelques films :
des courts films expérimentaux surréalistes où il se met en scène : au cours des années 1950, réalisé par Robert Descharnes « L'aventure prodigieuse de la dentellière et du rhinocéros », association d'images et objets par la courbe logarithmique et le nombre d'or.
en 1975, réalisé par José Montes Baquer « Impression de la Haute Mongolie (Hommage à Raymond Roussel ». Dans ce film, Salvador Dalí raconte l'histoire d'un peuple disparu dont il a retrouvé la trace au cours d'un voyage en "Haute Mongolie". En fait, l'histoire est complètement inventée. Il a suffi à Dalí de déposer un peu de son urine sur la bague d'un stylo, d'attendre que la corrosion agisse, d'en filmer les effets à distance macro et microscopique, le tout agrémenté d'un commentaire d'« historien ».
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